J’ai l’étrange impression que tout n’est pas de tout repos ici. Il fait chaud et on ne peut pas dire que Managua soit la plus belle capitale du monde. Avec ou sans climatisation dans la voiture, le nombre de kilomètres entre un point A et B n’est pas effrayant finalement. Un air de musique m’accompagne dans la voiture. Soyons relax avant l’entrée en ville. « On the road again » en fond et à fond dans l’habitacle. Managua : capitale. Un vrai grand bazar aménagé. Les affiches « bonimentes » ou de campagne et les grands panneaux de publicité à l’américaine côtoient des panneaux fragiles vous invitant à la vulcanizacion (pression des pneus) ou à laver votre voiture. Des bœufs et une charrette à coté du dernier modèle de chez Ford ou de chez Toyota au feu rouge. La circulation est plus fluide une fois sortie de la marmite nicaraguayenne et les asados ou autres barbecues locaux vous invitent à vous arrêter pour grignoter une petite fritanga.

   Managua et sa sierra s’étendent sur 20km, au bordure du lac (Lago Xolotlán). Vallonée et sûrement polluée comme beaucoup de mégapole. Elle a été reconstruite à la va-vite après un tremblement de terre sérieux et mortel il y a plus de quarante ans. Un autre avait eu lieu un peu plus tôt dans le siècle. Finalement il n’y a pas de centre à proprement parlé. Une vieille cathédrale survivante qui côtoie un nouveau parc en bord de lac. On ne se ballade pas à pied par ici. Sauf si on souhaite se perdre et se faire surprendre dans le plus grand marché d’Amérique Centrale, l’Oriental.

   Par pur hasard, je tombe sur un espace vert et récréatif non loin de l’avenue principale parsemée d’arboles de la vida, des arbres lumineux métalliques gigantesques. Quelle surprise de tomber sur une réplique miniature de la ville avant les événements tremblants et mortels ! Je m’amuse alors à imaginer la vie à l’époque, on me raconte alors que Managua était une belle cité, animée et bien construite. Notez en passant que les aiguilles de l’horloge du vieil édifice religieux survivant nous rappellent bien l’heure du terremoto de 1972. Retour vers le futur. Pardonnez la blague et la référence.

La traversée de la ville est pour moi à chaque fois une épreuve. Il y a peu de panneaux. La technique m’assiste. 3G et localisation sur un téléphone m’ont sauvé la mise plus d’une fois. Cette ville est bien vivante. Les 2 petits millions d’habitants, le poumon du pays est bien là. Le cœur je ne pense pas à vrai dire. On klaxonne, il est vert. Ça fourmille un peu partout et je me surprends, amusé, à observer furtivement les petites scènes de la vie du bord de route que je croise quelques secondes, même pas. Je conduis et je souris.