L’incontournable et l’inévitable lac de lave du volcan Masaya au Nicaragua, situé non loin de la ville appelée par le même nom, est une merveille ! C’est l’un des volcans les plus actifs du Nicaragua. Un lac de lave et d’énormes champs de lave, d’anciennes coulées, sont au programme. Il est composé de plusieurs cratères. Le plus grand et le plus actif est bel et bien celui que l’on peut observer avec attention une fois le soleil couché. On y accède par un parc, de jour pour une randonnée et de nuit pour l’observation du phénomène. Ne soyez pas surpris, il n’est pas permis de rester trop longtemps sur la crête aménagée pour l’observation du lac rouge, chaud et fumant. Sécurité oblige. Dans l’attente du passage, les véhicules sont stationnés ensemble, les gardes veillent au grain et tentent d’organiser la visite. Depuis peu un petit musée a été mis en place non loin de l’accès, un parc de jeux pour enfants et quelques échoppes artisanales. Finalement c’est bel et bien un incontournable du Nicaragua. Masaya, son volcan et son lac de lave.

Un vulcanologue français installé et travaillant au Costa Rica voisin m’informait lors de la dernière éruption du Telica près de León en 2016, qu’il était souvent de passage au Nicaragua. Pour le travail et pour le plaisir, il rayonnait dans toute la région, une sorte de chasseur d’éruptions. Le croiser n’est finalement pas un bon signe me disais-je à l’époque. Il n’empêche que malgré ma passion inexistante pour le phénomène volcanique, ce dernier me poussa à m’y intéresser et à me rendre sur certains pitons : « Il faut absolument que tu ailles au Masaya, il y a tellement peu d’endroits dans le monde ou un lac de lave est observable par les mortels et les non scientifiques ! ».

De retour de Granada la nuit tombée, je passe devant ce piton énorme, sur ma gauche, le soleil n’est plus là et des couleurs enfumées apparaissent à mes yeux. Je ralentis et je me souviens de ma première visite sur le bord du cratère. Quelle impression de petitesse quand on observe les entrailles de la terre. On pense à Haroun Tazieff, on sourit en imaginant des marshmallows fondus et on sursaute au moindre bruit ou passage de groupes de volatiles ne présageant rien de bon. On pense au Pic de Dante ou autres films à sensation, à la panique que l’on peut ressentir en cas d’explosion. Le parc est fermé ! Pour quelques jours ! J’apprends alors qu’un funambule de Floride va s’amuser à traverser ce trou béant rouge et chaud, sur un fil ! Télévisions, techniciens et secouristes sont présents sur le mirador. Croyez-moi, j’ai bien tenté de m’approcher et de rencontrer cet équilibriste, en vain. Tant pis, ou tant mieux, j’y retournerai bien assez tôt. Il me reste alors à guetter sur internet « Nik Wallenda » et essayer de trouver des photos de la prouesse de cet américain qui n’a pas froid aux yeux ni chaud aux fesses (pardonnez la boutade facile). Je me suis alors perdu sur les réseaux sociaux et les multiples liens existants et disparaissants, il suffirait de patienter devant une chaîne locale et attendre la vingtaine de minute pour constater l’exploit.

Naviguer, googleiser et tomber sur Madame Wallenda sur un cerceau pendue au-dessus de la roche en fusion a finalement eu raison de moi. J’attendrai quelques jours et retournerai tranquillement contempler le lac de lave du volcan Masaya une fois que le parc aura rouvert, le revoir de mes propres yeux me procurera surement cette sensation désormais connue, la terre mère ou la pachama est réellement puissante.