Ville incontournable du Nicaragua

   La ville de Granada est l’un des points d’attrait touristique les plus importants du Nicaragua. Son aspect colonial assez criant est la preuve même de son histoire, c’est la ville la plus ancienne de la région. C’est un incontournable ! 

Beaucoup de voyageurs commencent leur voyage par là, et évite ainsi un séjour à Managua, la voisine. L’architecture coloniale de son vieux centre, ses musées, ses galeries, ses parcs, ses hôtels et restaurants, et ses bars assurent une ambiance cosmopolite et un charme particulier et unique à la ville. 

Levez les yeux, vous tomberez nez à nez avec le Mombacho, volcan surveillant de haut la ville de Granada.

Sa localisation

   Granada est située dans la zone sud-ouest du Nicaragua, à 45 kilomètres de la capitale Managua. Elle est bordée par le grand lac du Nicaragua, un lac d’eau douce nommé Cocibolca. Granada est bien sûr le grand chef lieu de la région divisée en 4 municipalités: Granada, Diria, Diriomo, Nandaime. 

Se ballader dans la grande sultane, Granada, est un plaisir et vous garantit de nombreuses rencontres locales.  110 000 habitants vivent dans cette cité dynamique, chaleureuse et colorée. Ses maisons bien entretenues et éclatantes, ses marchés, ses places et ses églises raviront les plus curieux, comptez sur la visite de quelques musées pour parfumer de culture locale votre séjour. 

Le Climat

   Niveau climat, nous touchons le tropicalisme dirons certains. Il peut faire chaud à Granada. Et un peu humide, la proximité du lac n’y est pas pour rien. Un peu plus haut, il fera plus frais. Comptez alors sur des températures plutôt chaudes (mais bien moins que celles de sa rivale León) pendant vos ballades en ville. La piscine ou la baignade dans le lac sont presque des excuses pour agrémenter la fin de journée ou habiller la fin de l’excursion. 

Il fait en moyenne entre 25 et 28 degrés à Granada, nous sommes à plus de 250 mètres du niveau de la mer et il ne pleut pas plus ici qu’ailleurs dans le pays, une saison des pluies est alors comme une mousson. Cette dernière est bien entendu de moins en moins régulière, faute aux changements climatiques évidemment. 

Un peu d'histoire...

   Granada, appelée La Grande Sultane, a été fondée en 1524 par l’espagnol Francisco Hernandez de Cordóbas. La ville a été construite pour devenir un centre et une cité centrale de la région. Elle est une des plus anciennes villes coloniales du Nicaragua avec Léon et l’une des plus anciennes villes du continent américain

La cité de Granada a été nommé ainsi en hommage à la cité espagnole et appartenant alors au grand royaume catholique ibérique. Pas simplement une conquête ou une colonie espagnole, Granada était belle et bien inscrite dans les registres espagnols officiels, ceux de la couronne d’Aragon et de Castille, en Espagne!

Historiquement, Granada est la “soeur” de Antigua au Guatemala. A l’époque, la ville était d’un dynamisme remarquable avec un commerce très florissant grâce aux ouvertures que Granada offre vers l’océan, via le lac. Prospérité et intégration avec la communauté indigène étaient les adjectifs décrivant cette colonie espagnole. 

Tout cela sans compter sur les nombreuses péripéties de l’histoire qui a suivi. La prospérité de Granada a attiré les colons et conquistadores mais aussi les pirates et autres corsaires envoyés par les couronnes européennes concurrentes. Il était aisé pour eux, via l’accès au fleuve San Juan, côté Caraïbes, de remonter tranquillement le rio et de débarquer pour se frotter aux premiers fortins protégeant l’accès à la grande sultane, Granada. 

Et comment ne pas évoquer l’histoire de ce flibustier gringo, Walker, qui poursuivait un rêve fou d’unifier l’amérique centrale et d’en faire son propre fief. Incroyable! William Walker était stationné régulièrement à Granada. A l’époque, après l’indépendance de 1821, en 1856 plus précisément, la ville était un cimetière ouvert. Les grandes maladies importées par les voyageurs avaient eu raison de la communauté métissée et des restes de la colonie espagnole. Le flibustier illuminé ordonna l’abandon de la cité et sa destruction! Des mercenaires et autres hors la loi furent envoyés sur le terrain. La moitié de Granada partit sous les flammes, les habitants fuyant vers Ometepe, entre autre. Les incendiaires avaient gravé les mots “here was Granada” sur les dernières pierres fumantes de la cité. 

Et pourtant, Granada est et restera la Grande Sultane, se bagarrant avec sa voisine León pour le poste de Capitale du pays. Les conservateurs la préféraient alors que les libéraux étaient plus au nord, à León. C’est finalement en 1858 que leur sort respectif a été décidé, ce sera Managua la capitale! Et cela mettra fin aux querelles entre les deux villes coloniales. 

Cela n’a pas empêché Granada d’être la scène d’affrontement pendant les conflits que le Nicaragua a traversé pendant la seconde moitié du 20ème siècle même si elle a été relativement épargné lors de la révolution sandiniste des années 70/80. 

Que faire à Granada et ses Alentours?

    La ville de Granada est un bijou colonial que vous pouvez découvrir à pied. Voici quelques lieux où vous pouvez vous arrêter:

Antiguo Convento San Francisco, fondé en 1529 sous le nom de l’Immaculée Conception par le frère Toribio de Benavente de l’ordre franciscain. Aujourd’hui il a été transformé en musée. Vous y verrez des images de Granada de 1940-1980 avec une maquette du centre historique de la ville, des peintures primitives et des pièces archéologiques.

Eglise de Xalteva, la ville de Granada a été construite autour de cette église dont on peut encore voir le mur d’origine qui séparait le quartier espagnol du quartier indigène.

La Cathédrale, de style néoclassique, elle est située sur le parc central de Granada. Après avoir été érigée en 1583, elle a été détruite et reconstruite à plusieurs reprises.

Parque Colón, le parc central de la ville de Granada est l’endroit idéal pour se reposer sur un banc à l’ombre des palmiers, boire un batido, jus de fruit frais, et prendre le temps d’observer les passants et commerçants.  

Le Fort de la Pólvora, forteresse construite en 1748 servant de réserve à poudre à canon puis de prison pour se défendre face aux pirates.

Mi Museo, au sein d’une belle maison coloniale, ce musée présente une collection privée de céramiques précolombienne, certainement les plus belles du pays.

Aux alentours de Granada, à quelques kilomètres, vous pourrez partir en excursion journalière pour découvrir différents sites exceptionnels, en voici quelques-uns:

Une randonnée sur le volcan Mombacho

   Le volcan Mombacho est l’un des volcans les plus connus du Nicaragua, non seulement par le fait qu’il soit proche de Granada, 10 km, mais surtout pour les infrastructures et les surprises qu’il offre. 

De là-haut, la vue sur le lac, sur la ville de Granada et ses Isletas est incroyable !

Le Mombacho culmine à 1 345 mètres d’altitude et compte 4 cratères, tous recouverts et couverts par le bosque humedo. Cette zone humide particulière est rare à observer si près du Pacifique. Il est également possible de voir ce phénomène sur le volcan Maderas à Ometepe. 

La faune et la flore présentes sur le volcan Mombacho sont riches. Près de 150 espèces d’orchidées, 50 types de mammifères ou encore 120 espèces de papillons y ont été recensés.

Une finca de café a posé ses plants sur le flanc du volcan et une communauté non loin y produit même du chocolat! 

Le volcan Mombacho est un passage inévitable si vous passez par Granada. 

Différents sentiers plus ou moins difficiles sont proposés pour découvrir la réserve naturelle de Mombacho :

  • El Cráter : randonnée de difficulté moyenne auto-guidée de 1h30
  • El Tigrillo : randonnée difficile de 2h30 
  • El Puma : randonnée difficile de 4h00 avec un guide local obligatoire

Les Isletas de Granada

   Quand le volcan Mombacho est entré en éruption il y a très très longtemps d’énormes rochers ont été recrachés dans le lac, selon les anciens. Les fameux 365 îlots du lac Nicaragua seraient la résultante de cette explosion.

Ces isletas ont des tailles et des formes différentes, d’une centaine de mètre carré à un hectare. Un gros milliers de personnes y vivent cohabitant avec l’incroyable variété d’animaux et nombre d’espèces présentes sur ces îlets. Partez à leur découverte en vous laissant voguer au fil de l’eau, au calme…