Un passé colonial

   Selon les rapports, les historiens sont convaincus que le Nicaragua est peuplé depuis plus de 10 000 ans. Néanmoins son histoire moderne ne débute qu’en 1500, date à laquelle la colonisation commence, menée par Davila, un Espagnol qui accompagna Christophe Colomb durant ses voyages.

Le territoire appartenait alors au puissant Nicarao, qui donnera son nom au pays et qui signifie « territoire entre un lac et l’Océan Pacifique ». La colonisation n’a pas été facile, bloquée par les jungles luxuriantes et une population hostile aux Espagnols qui ont la réputation d’être toujours en quête de trésors et de lieux à piller. Néanmoins, cette région ne les intéresse que très peu, car bloqués par la réserve de Bosawas au Nord et celle d’Indio Maiz au Sud, le territoire ne semble regorger ni d’or ni d’argent, comme ils avaient pu en trouver au Pérou par exemple.

La ville de Granada a été fondée par Francisco Hernandez de Cordoba en 1524, et reste aujourd’hui la dernière ville coloniale d’Amérique centrale sur son site originel de construction. Jusqu’au 19ème siècle, le contexte sociopolitique est surtout marqué par la rivalité grandissante entre León, la capitale libérale, et sa voisine Granada, plus conservatrice et cible privilégiée des pirates en quête de trésors regagnant l’Europe. En 1821, suivant l’exemple des pays voisins, le Nicaragua proclame son indépendance de l’Espagne et intègre la coalition des pays d’Amérique centrale avec le Guatemala, Honduras, El Salvador et Costa Rica.

La révolution Sandiniste

   Les rivalités et les divergences politiques entre Granada et León sont telles que la guerre civile ne tarde pas à se déclarer. L’Etat Fédéral, réfugié au Guatemala y dirige la pacification. Mais la stabilité ne dure qu’un temps et le pays voit par la suite un grand nombre de présidents se succéder à sa tête.
William Walker, un mercenaire américain envahit le pays avec le soutien des libéraux locaux et de troupes constituées sur le pouce. Il s’autoproclame président en 1856 avec pour but de faire du Nicaragua une république esclavagiste, prendre le contrôle du Mexique et de l’Amérique centrale tout entière. Il ne parvient à controler le pays que peu de temp avant d’être chassé lors d’une guerre nationale de libération. C’est lors d’une seconde tentative en 1860 qu’il est exécuté.

Les libéraux restent au pouvoir de 1900 jusqu’à 1912, avec l’impulsion du nationaliste José Santos Zelaya qui refuse le chaperonnage américain. Néanmoins, les Etats-Unis y envoient des troupes de Marines chargés du maintien de l’ordre. C’est uniquement en 1927 que le général Augusto César Sandino et 3 000 hommes opposent une résistance populaire à l’interventionnisme des Etats-Unis.

Le Nicaragua entre dans une guerre civile avec des revendication d’indépendance totale, menée par le général Sandino. Ce n’est que quelques années plus tard que les Américains, ne pouvant pas calmer ce déchainement national accepteront de négocier avec les Sandinistes en leur accordant quelques concessions en échange de la mise au pouvoir de Anastasio Somoza Garcia en 1933. Berné par les américains, le général Sandino est par la suite assassiné par la garde nationale, le Général Somoza va prendre le pouvoir pour plusieurs décennies en installant une véritable dynastie qui règnera pendant plus de 40 ans. Ce n’est que dans les années 60 que le Front Sandiniste de Libération Nationale (FSLN) recommence à prendre l’importance dans le paysage politique. La révolution de 1979 voit la dictatude des Somoza tomber au profit du pouvoir des Sandinistes.

Et aujourd'hui ?

   Les luttes nationales se sont fait de plus en plus présentes dans le pays à partir de 1960, le FSLN (Front Sandiniste de Libération Nationale) est maintenu en ordre par 12 personnalités intellectuelles et politiques ce qui leur vaut le surnom de « Los doce ». Leur gouvernement était d’abord un gouvernement révolutionnaire mené par des institutions créées pour ramener l’ordre national. A force de grandes campagnes politiques communistes qui visent l’alphabétisation de la population, le pays se relève peu à peu de ses années de souffrance. Les années 80 voient un lent et difficile cheminement vers la paix civile, tandis que les Etats-Unis cherchent à maintenir leur influence à travers la création d’un mouvement appelé des « contra revolucionarios » (contre révolutionnaires).
Après la chute de Somoza en 1979, un gouvernement de réconciliation nationale est mis en place par quelques intellectuels importants du pays dont deux futurs présidents : Daniel Ortega et Violeta Barrios de Chamorro.

Daniel Ortega, le sandiniste, est élu avec 63% des voix en 1984 pour son premier mandat. Les américains décident de stopper leurs aides financières et déclenchent un embargo commercial. Des négociations entre « contras » et sandinistes finissent par aboutir et une nouvelle constitution voit le jour en 1987.

Après Ortega, Chamorro et son parti des « contras », plus libérale, dirige le pays. En 2007, le sandiniste Daniel Ortega revient au pouvoir, y reste et y est toujours actuellement.

Jusqu’en 1990, le pays abritait une guerilla qui logiquement n’attirait pas les foules. Depuis les années 2000, le pays s’est « démocratisé » et s’est doté d’infrastructures plus que correctes. Les protestations de 2018 ont cependant remué le pays. En effet, une majorité de Nicaraguayens souhaitaient le départ du président actuel qui en est à son 3ème mandat et a installé un régime considéré comme relativement autoritaire. 1 an plus tard, la situation s’est calmée, le gouvernement et les positions d’Ortega n’ont pas changé et le pays a retrouvé un calme relatif. Le pays attend patiemment les élections de novembre 2021.

Longtemps considéré comme le pays le plus sûr d’Amérique centrale, le Nicaragua reste surtout l’un des pays les plus pauvres de la région. Son histoire complexe et les multiples rebondissements qui la parsème donnent à ce pays tout le caractère qu’on lui connaît. Il n’y a aucun danger à voyager par ici, un peu de bons sens et d’organisation suffisent pour assurer un séjour incroyable.