Quelques dizaines de kilomètres au sud de la belle Granada se trouve, en plein milieu de l’eau, l’archipel de Zapatera. Pas de clin d’oeil particulier pour Zapata ou autres têtes connues de la région, mais une grande surprise archéologique du Nicaragua. C’était un centre religieux bien avant que Colomb et ses amis ne débarquent sur le nouveau monde. L’île du mort, le village des canards ou les maisons aux filets sont tous des surnoms de localités de la isla Zapatera. Amateurs d’histoires et de légendes locales, bienvenue !

Son Volcan et sa géographie

   Le volcan endormi Zapatera d’une hauteur de 629 mètres constitue l’île du même nom. Zapatera, d’une superficie de 52 km2 est la deuxième plus grande île du lac Nicaragua après celle d’Ometepe. Située non loin du continent, son point le plus proche étant de 1 km de distance, elle appartient à la chaîne volcanique qui traverse le pays du nord au sud.

L’archipel de Zapatera, constitué de l’île Zapatera et de 10 îlots voisins de tailles variables dont les principaux se nomment Isla del Muerto, Jesús Grandes, El Plátano et El Armado, a été déclaré parc national au début des années 1980 . 

L’ancien cône du volcan Zapatera est entouré de collines et de vallées recouvertes par des forêts tropicales sèches et denses. Malgré les exploitations agricoles et l’extraction illégale de bois précieux, l’île reste très verte grâce à une végétation abondante qui abrite une importante vie sauvage, en plus de l’impressionnante collection de statues, céramiques et pétroglyphes de l’époque précolombienne. Vous pourrez y croiser de nombreux oiseaux (toucans, perroquets, martin-pêcheurs, faucons) et mammifères (ocelots, jaguars, tatous, cerfs).

Histoire et Patrimoine culturel

   La richesse archéologique locale satisfera les explorateurs professionnels ou en herbe. Les études précolombiennes concernant l’île Zapatera sont rares et les fouilles y ont été trop irrégulières du fait des contextes historiques et économiques du pays. Statues, pétroglyphes et céramiques ont été découverts en très grand nombre sur toute l’île et ses alentours. Il aura fallu attendre la moitié du 19ème siècle pour pouvoir découvrir des publications sur le potentiel archéologique de l’île. 

Un peu plus tard, fortement inspiré par les premières publications sur Zapatera, l’explorateur européen Bovallius a découvert une vingtaine de statues au nord-est de l’île et de nombreux pétroglyphes sur l’un des îlots satellites de Zapatera. 

Pendant les années sombres du Nicaragua, l’exploration scientifique de l’archipel a été clairement abandonné. Début des années 80, de petites recherches ont été entreprises localement qui ont mis en avant certains pétroglyphes et céramiques. 

Finalement, le peu de recherches réalisées et le peu d’intérêts de la communauté internationale pour le Nicaragua n’ont pas encore permis d’identifier la fonction réelle de l’île de Zapatera. Etait-ce un endroit de culte? de sacrifices? Quel héritage cette île a-t-elle laissé aux communautés indigènes? Malheureusement, le trésor archéologique de l’île a été pillé de nombreuses fois. Beaucoup de  statues ont été prises, déplacées et ont atterri chez des collectionneurs privés. Cependant, on peut en voir au musée Convento San francisco à Granada ou comme ornements sur certains bâtiments de l’état.

Que faire et que voir sur l’archipel de Zapatera?

   L’isolement de cette île volcanique et le peu d’infrastructures touristiques garantissent aux voyageurs de vivre une expérience unique à la rencontre des familles vivant sur l’île et aux travers des activités suivantes :

  • une balade à la découverte de l’archéologie de l’île
  • une randonnée dans les forêts pour y observer la faune et la flore
  • une partie de pêche dans les eaux calmes du lac
  • une sortie en voilier
  • un tour en kayak 
  • de magnifiques couchers de soleil sur le lac

S’y rendre

   Il n’existe pas encore de transport public pour se rendre sur l’île Zapatera. Seuls les transports privés organisés à partir de Granada ou via un hotel de l’île vous permettront d’y accéder.