Localisée dans une vallée s’étendant des montagnes du sud jusqu’aux abords du lac, Managua est la capitale, une grande capitale, centre administratif et politique du pays. C’est une ville qui a sa propre personnalité, il y réside une atmosphère particulière, l’histoire a laissé des traces. Les catastrophes naturelles aussi. Deux tremblements de terre, le premier au début du XXème siècle et le second en 1972, ont fini par réellement donner l’impression aux visiteurs de passage d’un chaud capharnaüm citadin. Il n’y a pas à proprement parlé de centre-ville ou de vieille ville. Quelques vieux bâtiments et une vieille cathédrale se présenteront à vous pendant la traversée de la cité. C’est un véritable chaos architectural, on y croise résidences et condominios modernes, centres commerciaux mais aussi de véritables barrios latinos, des échoppes locales et rustiques, des terminaux de bus et  des grands marchés. On trouve à Managua le plus grand marché d’Amérique centrale. El oriental. Des hectares de stands ou boutiques, de tiendas s’étalent et vous proposent de todo. De tout !

Il est aisé de se perdre dans cette mégapole, peu de panneaux et beaucoup de ronds point n’aident pas à se repérer facilement, mais il y a toujours de bonnes surprises après un feu rouge: un mausolé pour les martyrs de la révolution ou une vieille cathédrale. Managua a ses secrets et il faut y consacrer du temps pour les découvrir. 

Sa géographie

   Managua se localise dans une vallée proche des rives du lac Xolotlán, au nord. A peine une centaine de mètre au dessus du niveau de la mer, Managua, avec ses 540 km2 de zone urbaine et ses 1,3 million d’habitants est une ville bien verte. Peu de grands édifices, caractéristiques liées aux conséquences des tremblements de terre, Managua se caractérise par son étendue et ses collines environnantes, des vallons verdoyants appelés las sierras de Managua, où il y fait plus frais que le centre étouffant, en moyenne 27,5°C.

Du Nahuati, ancien dialecte  local, Managua signifierait “là où il y a une étendue d’eau”. Le lac Xolotlán ou lac Managua a une importance considérable, c’est certain. Depuis sa rive, on peut distinguer le volcan Momotombo, de l’autre côté.

Le lac Managua est voisin du lac Nicaragua, il embellit la cité et donne un véritable air de frais et d’ambiance marine, certaines berges ont été aménagées pour faciliter le développement de l’entreprise touristique, nouvelle au Nicaragua. 

La croissance de Managua a été rapide depuis l’indépendance nationale, ses quartiers ont rapidement vu pousser banques et autres franchises internationales. La compétition entre Granada et León en tant que capital du pays a joué aussi son rôle, la non victoire d’aucune des deux parties a propulsé la ville de Managua comme centre du pays. Preuve en est, il n’y a pas de quartiers dit coloniaux ou de vieille ville. Non pas seulement à cause des catastrophes naturelles, mais aussi par la non-présence et installation des conquistadores espagnols pendant leur découverte des Indes. La région abritait plutôt un mélange homogène de tribus indigènes, il n’en reste aucune trace, ou très peu.

Certains sites historiques mettent en valeur quelques empreintes et autres objets du passé. Ces tribus originelles ont été complètement absorbées sans conflits par le mélange culturel et ethnique né de la rencontre avec les étrangers arrivant sur le nouveau continent. 

En sortant et en traversant Managua, vous serez agréablement surpris par le nombre de lacs que vous croiserez, de petits lacs de cratère bien souvent, appelés laguna. Un ancien cratère a laissé se dessiner une vallée, la vallée de Ticomo, les lacs ou lagunes de Asososca et de Nejapa sont là, en bas. 

Managua compte quatre lagunas qui sont de véritables réserves d’eau douce. Celle de Tiscapa par exemple est une réserve naturelle, en ville! Celle d’Asososca, citée plus haut, est considérée comme la plus grande source d’eau salubre et potable. La dernière se dénomme Acahualinca, au nord-ouest, et est la moins profonde. 

Managua est située sur une ligne de failles et d’anciens volcans, les experts annoncent régulièrement des tremblements de terre importants, un plus violent que les autres chaque demi-siècle selon certains. 

Seul point négatif du lac de Managua, c’est sa pollution. Depuis le début du 20ème siècle, les eaux sales et certains produits chimiques y sont déversés. Bien heureusement, dès 2009 un nouveau système d’évacuation et un réseau d’égouts repensés ont facilité le début de sa décontamination. La faune et la flore sont ainsi hors de danger et la mise en place d’une usine de traitement a permis la mise au plat d’une véritable politique propre en ville. C’est le plus grand système de décontamination mis en place en Amérique Centrale. 

Vous l’aurez compris, Managua est une ville verte au sens bien propre, son climat tropical et ses eaux ont facilité la fertilité des sols, de nombreuses espèces d’arbres parsèment certains jardins privés ou parcs. Pendant la saison des pluies, Managua est luxuriante. Il n’est pas rare de croiser de bien jolis animaux dans les patios des hôtels situés à quelques encablures de l’aéroport. 

Un peu d’histoire...

   Bien avant l’arrivée des colons espagnols, des traces de communautés indigènes ont été trouvées sur les rives du lac Xolotlán, et dateraient de plus 10 000 ans. Des traces de pas humains datant de 2000 ans ont été par hasard trouvées dans un ancien quartier de la ville qui borde le lac. Tout ce patrimoine historique est d’ailleurs mis en valeur au Musée du site de Huellas de Acahualinca. 

L’histoire de la ville de Managua, à l’origine simple village de pêcheurs au bord du lac, s’est faite en fin de 18ème siècle. Alors que le roi Ferdinand VII d’Espagne déclara en 1819 la ville comme “villa loyale de Santiago de Managua” afin de la remercier pour son extrême fidélité au gouvernement ibérique, un grand élan indépendantiste naît, comme dans beaucoup d’autres pays d’Amérique Centrale, qui aboutira une vingtaine d’année après. A partir de 1846, Managua est considérée comme une véritable cité, une ville. On la désigne alors sou le nom de Santiago de Managua. En 1852, elle devient officiellement la capitale du pays, mettant fin à la querelle entre les villes rivales de Granada et de León. 4 ans plus tard, Managua est occupée par les pirates, William Walker et sa flibuste se basent dans un grand presbytère de Managua, sur l’actuel emplacement du Palais de la Culture. Endroit privilégié par son accès au lac, Managua est centrale. Les Mercenaires de Walker sont repoussés vers Granada la même année. Ce dernier se proclama président du Nicaragua en 1857. Son règne ne dura pas longtemps, il fut contraint de quitter le pays. C’en est fini de la flibuste au Nicaragua! 

Depuis et pendant une trentaine d’années s’enchaînent des gouvernements plutôt conservateurs. Managua connaît alors une certaine stabilité et une urbanisation importante accompagnée d’un développement des infrastructures et des services stoppé par les grandes inondations de 1876 et 1885. 

Juillet 1893, le général Zelaya Lopez entre dans la capitale après le coup d’éclat de la révolution libérale à León, au Nord. Ce dernier pénètre en ville le jour de la célébration du saint patron de la ville, Santiago, on désigne désormais la rue qu’il emprunta par “Calle del Triunfo”. Il dirige alors le Nicaragua jusqu’en 1909 d’une main ferme, autoritaire mais progressiste. 

Un saut de quelques années, dans le début du 20ème siècle et nous voilà à la période d’entre deux guerres, la fin des années folles. La terre danse et Managua souffre encore des tremblements de terre. Le 31 mars 1931, Managua tremble, la ville est partiellement détruite. Ce qu’il reste est touché en 1936 par un énorme incendie. Tous les vieux bâtiments, faits souvent de bois et de boue, sont par terre. Les charpentes de bois et les tuiles argileuses n’ont pas résisté aux secousses et aux flammes. 

Le séisme de 1972 a été encore plus terrible. 6,2 selon l’échelle de Richter, ressenti en pleine nuit. Plus d’une dizaine de milliers de morts et une destruction partielle de la ville en est le noir bilan. 

Entre 1936 et 1979, Managua a été atteinte plus d’une fois dans sa chaire mais a été à chaque fois reconstruite assez rapidement, comme nous le démontre encore aujourd’hui le capharnaüm architectural de la ville. Avant les Seventies, on peut considérer que Managua était une ville moderne, la famille du dictateur Somoza a fait ériger de nombreux nouveaux bâtiments gouvernementaux, de grands centres ainsi que des universités. C’est même devenue la ville la plus développée d’Amérique Centrale. 1970 est une année charnière pour Managua. Quand on évoque cette période, on parle de Managua comme Antigua ciudad, ou la vieille ville. 

La ville a ensuite été une nouvelle fois dévastée, par l’Homme cette fois. 1979, c’est la révolution au Nicaragua! Le régime de Somoza et ses appuis, les contras, vont tomber. Une rébellion commencée une dizaine d’année avant a fini par user Managua et à la détruire une nouvelle fois partiellement. 

Le sort s’acharne en 1998 avec l’ouragan Mitch qui frappe! La reprise économique tant attendue n’arrivera pas. Managua reste considérée comme une grande capitale de la grande région, qui continue d’être actrice et observatrice des changements historiques qui s’opèrent sur le territoire national, au Nicaragua.

Que faire à Managua ?

   La ville de Managua ne présente pas un grand intérêt touristique. Les divers tremblements de terre qui ont détruit la ville et le manque de préservation de son histoire n’en font pas une capitale très attractive. Cependant, vous pourrez avoir un premier aperçu de l’atmosphère de la ville et du pays en la traversant.

Vous pourrez également y passer une demi-journée à la découverte des quelques lieux suivants :  

  • Palais National de la Culture, qui présente une belle collection de statuettes précolombiennes
  • Cathédrale de l’Immaculée Conception
  • Place de la révolution
  • Théâtre municipal Rubén Dario
  • Balade sur les berges du lac Xolotlán
  • Musée du site de Huellas de Acahualinca où vous découvrirez d’étonnantes empreintes humaines et animales fossilisées dans la cendre volcaniques il y a plus de deux mille ans
  • Mirador de Tiscapa
  • Réserve Naturelle Chocoyero – El Brujo